Les Pyrénées romaines, la frontière, la ville et la montagne. L’apport de l’archéologie du paysage
Abstract:
Cet article exploite des publications récentes dont les Pyrénées romaines ont fait l’objet (trophée de Panissars, études microrégionales conduites par l’Institut Catalan d’Archéologie classique) pour discuter les thématiques de la frontière naturelle et de l’incompatibilité entre la ville et la montagne. L’archéologie du paysage permet d’observer la diversité de la romanisation des vallées pyrénéennes. Le positionnement des limites entre les trois provinces romaines de Gaules Aquitaine et Narbonnaise et de Tarraconaise a été interprété comme la constitution du massif en frontière interne de l’Empire. En réalité, ce positionnement est un accident historique dépourvu de légitimité économique et sociale. Ce constat justifie le retour à la distinction entre limite et frontière. L’utilisation du concept de frontière dans un sens spatial est source de confusion. Il faut lui substituer celui de marge. Le même constat justifie la distinction entre une définition du territoire en termes naturalistes et culturels. La confrontation de ces deux définitions explique la spécificité de la ville de montagne et justifie le refus d’admettre que la montagne exclut la ville. La critique met en évidence la dimension identitaire de ces thématiques d’exclusion.