Traductions homériques en catalan entre 1875 et 1920
Abstract:
RÉSUMÉ
Depuis le dernier tiers du XIXe siècle, sous l’influence combinée du Romantisme européen et de la Renaixença (‘Renaissance’) de la littérature catalane, on a ressenti le besoin de traduire une série de chefs-d’œuvre non encore traduits en catalan. Il n’est pas étonnant que, compte tenu de la hiérarchie des valeurs de l’époque, l’Iliade ait attiré assez tôt le dévouement des traducteurs. Cet article passe en revue toutes les versions catalanes connues de la poésie homérique entre 1875 et 1920. On peut distinguer grosso modo trois moments successifs, mais qui ont tendance à se chevaucher (surtout le deuxième et le troisième) : (1) Une période de tâtonnements et de tentatives. Les traducteurs n’étaient généralement pas des hellénistes professionnels, mais plutôt des hommes de lettres, des publicistes et des personnes cultivées. Ce n’étaient pas les soucis philologiques et historiques qui comptaient le plus dans l’entreprise, mais les considérations esthétiques, d’une part, et, de l’autre, le désir « patriotique » de s’approprier, par le biais de la traduction, d’une œuvre aussi illustre. (2) L’époque de la plus grande influence de L. Segalà Estalella (1873-1938), professeur de grec à l’Université de Barcelone, traducteur d’Homère surtout en espagnol, mais aussi en catalan. (c) La deuxième décennie du XXe siècle, avec la publication des Hymnes homériques (1913), traduits par le poète Joan Maragall (1860-1911) en collaboration avec Pere Bosch Gimpera (1891-1974), et celle de la première version (1919) de l’Odyssée de Carles Riba (1893-1959).